SŌDŌ : 17 novembre 2006 en compagnie de Mme Setsu AYAHATA (綾秦 節)

, par Laurent, Xavier

Le 17 novembre, le Paris Aikido Club recevait au gymnase Ortolan (Paris Ve) la visite d’une petite dame japonaise pleine de vigueur. Ayahata Setsu, puisqu’il s’agit d’elle, a un nom prédestiné. Il se lit « enjoliver la vie par la confection de kimono », et elle est spécialiste des noeuds et pliages de draperies.

Kimonos et pinceaux

Bien connue dans les coulisses des studios japonais de films de samouraï, elle a habillé quantité de ces acteurs furibards que l’on aperçoit dans les sagas guerrières de la Toho et autres compagnies. Costumière, elle vous emballe un acteur plus serré qu’un saucisson de montagne. Pas de pitié donc pour les volontaires du club, notamment Valérie, qui a du retenir son souffle toute la durée de la séance. Le compte à rebours au déshabillage permettait de le vérifier, il ne faut pas moins de dix ficelles et cordons pour faire tenir debout une Japonaise en tenue traditionnelle, kimono et obi, sans oublier le chignon piqué de baguettes. Mlle Audrey, qui jouait les jeunes premières, était la plus mal placée pour apercevoir la paire de papillons, l’un sur l’autre, que l’experte nippone lui avait confectionné dans le dos à partir d’une ceinture vert pomme de 40 cm de large, savamment enrubannée. Les ceintures (obi), en déroulé, faisaient plus de 4 mètres.

Quatre sujets, dont Arnaud, ont ainsi revêtu le hakama traditionnel sombre, la tenue de voyage qui permet aussi de monter à cheval, une tenue de lettré pour Ivan et des kimonos de soie plus raffinés pour ces dames, accordés à leur âge et à leur statut : fudangi, montsuki, haori et hakama pour les hommes, hakama pour les femmes, furisode pour les jeunes filles (Mme Ayahata portait un kimono rose). A l’arrivée, nos quatre volontaires avaient tout des étranges commerçants hollandais débarquant à Nagasaki dans les gravures nippones du XIXe siècle...

La soirée était consacrée à la voie du , qui emprunte des chemins parallèles en calligraphie, au sabre et dans l’art de présenter un kimono. La soixantaine de spectateurs présents ont pu réviser les kanjis avec Maitre Oshima Taëko, en découvrant pourquoi le caractère de la montagne 山 (yama) a des bases bien plantées, et celui du cheval 馬 (uma) un élan de galop. Pour un simple 1,一 (ichi) un trait couché plus ou moins, la calligraphe retient son souffle puis le libère, comme le sabreur ajuste son coup...

Après quelques scènes sur l’attitude, la façon correcte de se promener en costume et tabi, ou le port du sac à main, Mme Ayahata s’est prêtée aux questions avec un naturel désarmant, acceptant même d’imiter la manière traditionnelle de saluer et s’asseoir pour un homme, impossible sans trébucher dans un kimono aussi étroit que le sien.

Moment attendu, le pliage final a démontré que l’art du kimono est encore ouvert à des évolutions. Si les plis des kimonos de cérémonie sont codifiés à l’extrême, celui de l’aikidoka au quotidien peut prendre un volume minimal dans un sac à dos. En lui révélant ses techniques de pliage en 8 imaginées pour le transport en sacoche de moto, Arnaud a convaincu Mme Ayahata qu’après tout, son art traditionnel pouvait être adapté par d’autre culture.

Guza

P.-S.

Voir aussi : article de Wikipedia sur le kimono pour un lexique des termes du sōdō.

綾秦 節 (Setsu Ayahata)
Née a Tokyo, Japon.

En 1968 elle a termine toutes les études sur Kimono classique à Sodo-Kimono gakuin(Ecole Supérieure de Kimono a Tokyo), et elle a commence tout de suite après a travailler dans le domaine de Kimono en créant l’institut : “ AYAHATA Kimono Culture center” et la boutique-galerie : ”Tissue avant et aujourd’hui/AYAHATA” dans le centre-ville de Tokyo. Cela lui permit de donner plusieurs cours de Kimono ainsi que des conseils sur l’art du Kimono quand les visiteurs en avaient besoin.

Elle a aussi beaucoup travaillé pendant 25ans dans le monde du cinéma, de la télévision, et du journalisme. Madame AYAHATA reste toujours comme une Kimonoiste très importante surtout pour les grands acteurs/actrices des films de Samouraï !

Elle est arrive en France en 2005 pour essayer de présenter le vrai monde de Kimono en Europe.