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20 juillet 2011
brunogerard, Lionel

Quatrième méthode de type spirituel de l’école de Maître TOHEÏ : Étendre le KI

Quatrième méthode de type spirituel de l’école de Maître TOHEÏ :

Étendre le KI

Il faut étendre le Ki, c’est-à-dire extérioriser physiquement la force de vie, c’est aussi ce que l’on nomme le Kokyû (呼吸), c’est l’effet visible de l’application des quatre méthodes de Maître TOHEÏ.

Étendre le Ki, c’est manifester extérieurement la volonté de l’esprit via le corps en mettant en œuvre les trois précédents principes. Ce quatrième principe est la résultante extérieure et dynamique, des bénéfices à la fois physique et mental des trois premiers principes (avoir le poids en dessous, être relaxé et être concentré sur le point unique). Ces avantages ont pour effet de permettre la circulation sans contrainte de cette « énergie vitale » qu’est le Ki, libre circulation, fruit de la coordination du corps et de l’esprit.

Étendre le Ki est une notion très difficile à comprendre intellectuellement. Il faut s’exercer et comprendre physiquement par le ressenti d’où l’intérêt du travail en souplesse ou Jû No Geiko (柔の稽古). Toutefois, voici un exemple qui peut permettre de l’aborder : relaxer son corps sans qu’il devienne identique à un pantin avachi sur lui-même, c’est étendre le Ki. Seule l’extension naturelle du Ki va lui donner consistance et apparence de vie.

D’autre part, plus le mental est agité, plus il agite le corps. Plus ce corps est agité, plus il se contracte et plus l’énergie circule mal. La « contraction » psychophysique est comparable à un nœud qui empêche la libre circulation et l’extension de l’énergie vers l’extérieur, de ce fait cette énergie qui ne circule plus en devient même négative puisque au final elle se retourne contre nous en nous « bloquant », on devient « dur », on s’approche de la rigidité cadavérique.

De plus, si le mental n’est pas en paix, en cas de décision rapide à prendre, ce même mental devra traiter un grand nombre de données inutiles (gestion des émotions et des pensées du type : Que faire ? Comment et quand ? Etc.), son temps de réaction est trop long car tant que l’on « cogite » on n’agit pas. Au final, cette « contraction » psychophysique nous fait véhiculer beaucoup moins de Ki, notre « Kokyû » est en chute libre. C’est pourquoi dans la pratique il impératif d’être apaisé et sans tension superflue.

À contrario, par l’intermédiaire d’un mental apaisé, on peut faire s’accroître notre disponibilité et notre perception des choses environnantes, le but étant de laisser au maximum libre cours à la circulation de Ki pour gagner en efficacité grâce à notre sérénité.

Une autre difficulté réside dans le fait que ces quatre principes sont liés, si vous réussissez à en réaliser un, c’est parce que les autres sont également réalisés, s’il vous en manque un seul, vous les perdez tous, ils sont tous les quatre interdépendants. Il est nécessaire d’avoir les trois premiers principes réalisés pour pouvoir étendre le Ki. En d’autres termes, il faut réussir à maintenir les effets de la posture de retour à soi en statique comme en dynamique. En effet, le Ki circule en permanence, que ce soit en mode dynamique ou en mode statique ne change absolument rien quant à sa circulation, si ce n’est qu’elle nous est moins aisée à réaliser en dynamique.

Dans la notion d’extension du Ki un paramètre important intervient, on pourrait parler de l’ « imagination », en effet, on peut s’imaginer un flux de Ki jaillissant du corps mais allant aussi au-delà. Par exemple, s’imaginer que le Ki sort par le bout des doigts et se prolonge au lointain. Il en va de même aux armes avec le Bokken (木剣) ou le Jô (杖) dont la pointe est le lieu d’où va jaillir le Ki. Donc, étendre le Ki c’est aussi arriver à ne pas réduire notre action aux limites de notre corps mais allez au-delà.

Pour illustrer cette remarque, dans le cas d’une attaque Jodan Tsuki (coup de poing porté au niveau supérieur du corps) on doit s’imaginer que le poing traverse la tête de part en part, ou de même pour une attaque Shomen (attaque de haut en bas avec Tekatana (la main sabre), le mouvement du bras étant assimilé à celui d’un sabre), il faut couper la tête en deux avec, en réalité, l’intention de couper également le corps en deux, et ne pas juste s’arrêter au sommet du crâne, cela est aussi étendre le Ki. On prend conscience que l’intention du pratiquant joue également un rôle important dans l’extension du Ki.

L’imagination peut aussi intervenir au niveau des déplacements, en d’autres termes se voir déjà positionné là où l’on doit aller se placer physiquement, c’est aussi un moyen d’étendre le Ki.

Notre pratiquante nous présente un exercice simple et caractéristique de l’extension du Ki. Chikara O Dasu (力を出す : faire sortir, extérioriser, projeter la force) est un exercice d’extension du Ki, les pieds sont tous deux bien établis dans le sol, la jambe arrière est tendue et son talon pousse le sol, on doit ressentir les muscles du mollet s’étirer (d’où, peut-être l’expression attendre quelqu’un de pied ferme et le jarret tendu). Le Ki s’extériorise via le centre jusqu’au bout et au-delà des doigts. Pour bien pratiquer cet exercice, imaginons-nous dans cette position en train de pousser un arbre. D’ailleurs, pratiquer cet exercice sur un arbre est le meilleur moyen de ressentir le flux de notre Ki, mais aussi de corriger notre position face à un alter ego (ici l’arbre) qui nous fait comprendre la différence qu’il y a entre un équilibre précaire et un équilibre stable. Maître TOHEÏ qui nous a quitté en ce 19 mai 2011, préconisait d’avoir une bonne hygiène de vie, et parmi ces conseils y figure que l’Homme ne doit pas se couper de la Nature car il en fait partie intégrante, même si un arbre n’est qu’un végétal il est lui aussi porteur ou expression de Ki, d’une certaine qualité, et au travers de cette relation Homme/ Nature via un simple arbre, il y a un échange bénéfique de Ki, de l’un vers l’autre.

VOCABULAIIRES :

IKKYO (UDE OSAE) : 1er principe – contrôle du coude

Principe vertical, du haut vers le bas, pression sur l’articulation du coude. Ikkyo est le 1er principe car le plus direct et le plus transcendant, il est la base de tous les principes d’immobilisation.
Pour preuve la célèbre phrase de Maître Ueshiba : « Je donne la ceinture noire 8ème dan au premier qui exécute correctement Ikkyo ».

NIKKYO (KOTE MAWASHI) : 2ème principe – contrôle du poignet sur base d’Ikkyo (contrôle du coude).

Principe horizontal (surtout dans sa forme positive), contrôles du poignet et du coude. Ces deux contrôles agiront sur le déplacement horizontal d’Uke, seule sortie pour ce dernier quand ce principe est mené à son terme.

Nous pouvons imaginer le « scénario » suivant, Shite exécute le principe Ikkyo, Uke « résiste », Shite transforme la technique en 2ème principe, Nikkyo. Nous comprenons mieux alors sa position de « second principe ».

Remarquons qu’il n’est pas nécessaire de terminer Ikkyo pour exécuter Nikkyo, mais il est impératif de contrôler le coude d’Uke

SANKYO (KOTE HINERI) : 3ème principe – contrôle de l’épaule par action au poignet sur la base d’Ikkyo
Principe oblique, diagonale allant du bas vers le haut, contrôles du poignet et de l’épaule. Cette action provoque une attitude d’Uke en position « sur la pointe des pieds », position qui démontre que Shite a bel bien pris le centre d’Uke. Uke ne lutte pas contre l’action de Shite mais en suit le sens pour atténuer la douleur.

Même scénario et même remarque que pour Nikkyo, ne pas aller jusqu’au bout de Nikkyo mais contrôler impérativement le coude.

YONKYO (TEKUBI OSAE) : 4ème principe – contrôle par le point sensible du poignet
Principe oblique, diagonale allant du haut vers le bas, contrôles du poignet et de l’épaule en agissant sur un point douloureux (zone radiale nerveuse).

GOKYO (UDE NOBASHI) : 5ème principe – contrôle du coude en élongation

Principe circulaire « récapitulant » les quatre autres. Cette technique variante de Ikkyo, est utilisée contre un couteau, car sécurisante vis à vis de la lame. C’est une technique qui, visuellement, forme approximativement un cercle représenté ci-dessous.

Le cercle, résumant de manière synthétique et symbolique les cinq principes d’immobilisation

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