Le kamiza
Strictement parlant, le kamiza désigne la place d’honneur, la meilleure place dans une pièce ou un véhicule. Dans les pièces traditionnelles et les dojos anciens, il s’agit du mur nord [1], doté d’une alcôve (tokonoma) ornée d’une calligraphie, d’un arrangement floral ou d’un objet précieux. Dans les dojos, l’habitude est d’y faire figurer un portrait du fondateur de la discipline, ou un symbole de celle-ci.
La calligraphie
Le grand cadre présente une calligraphie originale, du calligraphe Kaishin, rapportée du Japon par Misao — que nous remercions chaleureusement. Les grands caractères sont
- naka, le milieu
- ima, le moment présent.
L’ensemble, qui se prononce nakaima, est un principe philosophique que l’on retrouve beaucoup dans le shintoïsme et le bouddhisme [2]. Littéralement « au centre du maintenant » ou encore « à l’intérieur du moment présent », il exprime une transcendance de soi-même.
Le passé et le futur étant causes d’inquiétudes, de mauvaises pensées et de vices, c’est en se concentrant et en vivant pleinement le moment présent que l’on pourra unifier notre corps avec notre esprit, et ainsi d’être au plus près de la nature (ou unifier son corps avec son ki, pour un meilleur rapprochement avec l’aïkido).
Les portraits
Le second cadre comporte deux portraits, qui expriment la filiation dans laquelle s’inscrit le club.
En haut, vous aurez reconnu Morihei Ueshiba (1883-1969), fondateur de l’aïkido, qu’on désigne aussi sous l’épithète O-senseï (littéralement le Grand maître). Il est représenté ici assez âgé, avec un katana à la ceinture et en tenue de cérémonie.
Au-dessous, une photo de Nobuyoshi Tamura shihan [3] (1933-2010). Élève direct de O-senseï, il arrive en France en 1964 pour contribuer à la diffusion de l’aïkido. Il devient le directeur technique national de la FFAB lors de sa création dans les années 1980, et à ce titre a formé un grand nombre de pratiquantes et de pratiquants, en particulier parmi les hauts gradés actuels.
Le cadre du bas comporte trois colonnes de caractères japonais, indiquant, de droite à gauche (le sens de lecture traditionnel du japonais lorsque les caractères sont écrits en colonnes) :
- Paris
- Aikido
- Club
Si les Japonais utilisent depuis la fin du XIXe siècle un syllabaire (les katakanas) particulier pour transcrire les mots étrangers, certains termes connus à des époques plus anciennes, comme les noms de pays ou les grandes capitales, ont reçu des transcriptions utilisant des caractères chinois. C’est le style qui est utilisé ici pour « Paris » et pour « Club ».
Merci encore à Misao et à Patrick pour ce nouveau symbole de notre pratique commune.




