Portraits de pratiquants

Comment je suis venu à l’aïkido ? Mathieu Perona

, par Mathieu Perona

Comme pour de nombreux pratiquants, ma découverte de l’aïkido doit beaucoup au hasard. En même temps, cette trajectoire doit beaucoup aux valeurs de l’aïkido en général, et du PAC en particulier. Retour donc sur quelques souvenirs.

Le tout début

Même si je ne le compte pas dans mes années de pratiques, j’ai dû faire un ou deux ans d’aïkido étant enfant, vers six ou sept ans. J’avais la chance d’habiter dans une petite ville de Provence, où existait un club assez actif. Ma mère, dans sa jeunesse, avait elle-même découvert l’aïkido sur la Côte d’Azur, par l’intermédiaire d’une amie qui connaissait Tiki Shewan. Elle m’avait donc inscrit, mais je n’ai pas vraiment accroché à l’époque, regrettant surtout que les horaires de cours me privent de voir mes séries télé favorites. Cela s’est donc assez vite arrêté.

Le vrai début, ou les valeurs de l’aïkido

Arrivé à 17 ans, j’ai eu envie de pratiquer un art martial. Habitant toujours dans la même petite ville, je me suis rendu à une réunion de rentrée organisée par l’association regroupant les clubs d’arts martiaux locaux. Qui étaient en fait au nombre de quatre : judo, aïkido, karaté et iaïdo. Le iaïdo n’avait pas jugé utile de se déplacer. Les karatékas, grandes masses de muscles, étaient dans leur coin et parlaient compétition d’une manière qui ne m’a pas attiré.

Restaient donc le judo et l’aïkido. Dans le cours de la présentation des clubs et des salles de pratique, un sujet vient sur le tapis. La mairie nettoyait trop peu souvent la salle, conduisant à l’accumulation de gros moutons de poussière sur les tatamis (j’en garde effectivement le souvenir). L’enseignant d’aïkido a alors proposé que chaque club utilisant la salle fasse à tour de rôle une aspiration en règle, en soulevant les tatamis. Réaction indignée de l’enseignant de judo [1], qui dit que jamais de sa vie il ne fera le ménage dans sa salle. C’est ainsi que je me suis décidé pour l’aïkido.

Le Paris Aikido Club

Deux ans plus tard, me voici à Paris pour mes études (une classe préparatoire dans le 5e). Dans cette ère pré-internet, j’écris au siège de la FFAB pour avoir les adresses des clubs du 5e. Quelques jours plus tard, je reçois une épaisse enveloppe contenant le listing, une feuille par club, de tous les clubs de Paris ! Hasard des horaires et de la proximité, le PAC est celui qui me convient le mieux pour des raisons pratiques. Je découvre donc le club, la grande bienveillance des pratiquants et des enseignants, et (rarement quand j’étais en prépa, plus souvent une fois à l’ENS) les pots d’après cours.

Voici comment, je suis au PAC, au moment où j’écris ce message, depuis près de vingt ans.

Notes

[1Ceci n’est bien évidemment pas un jugement de valeur sur le judo ou ses enseignants : je suis tombé par hasard sur un enseignant peu en accord selon moi avec les valeurs profondes du judo.